Le mardi sur son 31 #8

Hello tout le monde !

J‘espère que vous allez bien. On se retrouve aujourd’hui pour un nouveau mardi sur son 31. Ce concept est proposé par le Blog « Les Bavardages de Sophie ». Le principe est simple : il suffit de prendre la page 31 de votre lecture en cours et de la citer.

Let’s go !


Ce que je suis en train de lire

  • J’irai tuer pour vous, Henri Loevenbruck

« Parfois nous partons deux jours entiers pour une longue balade et nous dormons dans la forêt, avec notre sac sur le dos. Ma mère n’aime pas ça, elle dit que c’est dangereux, mais nous on s’en fiche. Le danger, c’est de la liberté promise. La nuit, allongés côte à côte dans la douce fraîcheur, nous écoutons les oiseaux nocturnes, le grand-duc Américain avec son chan triste qui fait niacouroutoutou et qui se répète à l’infini dans l’écho des cimes. Parfois, nous entendons au loin des rugissements de Jaguars, terribles, mais ça ne me fait vraiment pas peur. Au contraire. plus c’est sauvage, plus ça me plaît. Un jour, je rêve d’en voir un de près. Face à face. Il paraît que ça porte bonheur. 

Ces nuits-là, j’ai le coeur qui bat plus fort que jamais. Je m’endors très tard et je sais que mon père voit bien que j’ai les yeux grands ouverts. Pourtant, il ne dit rien : en Bolivie, je ne suis plus un petit garçon. En Bolivie, je suis un homme. Comme lui. 

Mais ce lundi de décembre 1971, ce n’est pas avec mon père que je vais me promener. C’est avec Papi José. 

– Allez, suis-moi, Marco ! 

Je hoche la tête et je grimpe sur le cheval à côté du sien. Mon grand-père prend toujours le même, le sien : Nieve, un pur-sang blanc, puissant et résistant comme celui d’un conquistador. Souvent, il lui parle en espagnol, comme à un vieil ami, un frère. Il dit qu’avec lui il a fait tant de kilomètres que cela fait longtemps qu’ils ont fait le tour du monde, aller-retour. 

Il est plus de 16H. Le soleil cogne la terre comme un torrent de poussière d’Or. Nous traversons Santa Cruz au pas, l’un à côté de l’autre et, du haut de mes douze ans, je suis le roi du monde, droit sur ma selle, le front levé, sérieux comme un requin. J’oublie que je suis un enfant, j’oublie même que je suis français. 


Voilà les amis pour la page 31 de j’irai tuer pour vous de Henri Loevenbruck. 

Je vous fais des bisous, et vous souhaite de bonnes lectures. 

Elodie. 

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